
Nous aurions pu croire à des démons, tous de noir vêtus. Mais la joie de vivre qui éclairait leurs visages au son de la falseta du guitariste révélait leur nature profonde : des flamencos, des vrais. Dans l'âme. De ceux qui ne trahissent pas leur public. De ceux qui le font avec le cœur. Voilà tout !
Nous avons souvent l'occasion de croiser Pedro Verdu à Toulouse. Que ce soit pour appréhender son art lors d'un stage ou l'apprécier dans un tablao, à chaque fois le constat est le même : l'humilité de l'homme - parfois presque la timidité dirions-nous - quand il n'est pas sur les planches, contraste avec la fougue qui s'empare de lui lorsque la guitare commence à faire vibrer ses cordes et que le chanteur fait résonner les siennes. Des gestes précis, le regard dur, des zapateados qui allient force et finesse. Le danseur montpelliérain ne fait plus q'un avec le compas.
Tout un symbole
Pour ce passage à Toulouse, Pedro Verdu avait été invité par l'Academia flamenca Anita et inaugurait ainsi les lieux. Un premier tablao qui a aussi accueilli le guitariste bordelais Toni Hernandez et les frères Deleria, au chant et au cajon. La scène était donc ce soir-là cent pour cent masculine, avec pour seule prétention celle de transmettre une culture, avec l'esprit qui est celui de la maîtresse des lieux. Et plus que cela même.
Ce n'est pas un hasard si Anita avait choisi de tels artistes pour ce premier tablao. Leur aficion, leurs personnalités et leurs vécus flamencos sont significatifs pour la danseuse. Toni Hernandez est le guitariste qui la suit depuis ses débuts, celui avec qui elle partage et construit son art, avec Blas et José Deleria il faisait partie de l'affiche de "Olas de una vida", son spectacle autobiographique. Pedro Verdu est un symbole que respecte Anita. Celui de la simplicité et du don de soi. De l'échange, du partage et de la transmission.
Au-delà des intentions des participants, le tablao de Pedro Verdu est à lui seul une ode au vouloir vivre ensemble, qui fait parfois défaut dans le flamenco, polluant ce milieu au point de créer tensions et rivalités. En somme, tout ce dont a besoin le flamenco pour ne pas aller de l'avant. Ici, à travers les artistes présents, toutes les grandes villes du sud de la France étaient réunies à Toulouse : Marseille, Nîmes-Montpellier et Bordeaux. Il n'y a rien à ajouter. Seulement que la réflexion fasse son chemin.





"Esta
la kuna llena,
Vente conmigo gitana,
Pa'ser mi compañera..."
Anita, Philippe Noguera ou encore Anne-Lise la Nimeña ont répondu à la demande des artistes et du public, pour "un fin de fiesta en familia", comme l'ont précisé les musiciens.
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PROCHAINEMENT
Festival de flamenco de Toulouse Reportage et rencontres. Maria-José Perez, Paco Javier Jimeno y Fuensanta la Moneta.
Tablao
de Pedro Verdu,
Academia flamenca Anita
La classe masculine au rendez-vous,
une ode au vivre ensemble