
« Etre artiste, ce n’est pas seulement faire de la scène », affirme-t-il avec conviction. Après treize années ininterrompues de périple sur les routes françaises et européennes, en passant par le Canada, le Liban et la Syrie, le guitariste se trouve à un tournant de sa vie.
« Ça me rassurait d’être bobo. »
Un bel
immeuble Renaissance dans le Vieux Lyon. Des voisins tous artistes, l’un
danseur à l’opéra, l’autre violoniste. Juan Carlos
veut passer à autre chose. Cette vie de bourgeois-bohème qui
le rassurait ne lui convient plus. Un peu comme un cliché, il préfère
son quotidien d’ermite, quelque part dans son appartement, caché
au bout de petits couloirs sombres et d’escaliers de pierre.
Désormais, il ne recherche plus sa source d’inspiration dans
la frénésie scénique que le procurait le milieu du
flamenco, avec souvent plus de cent concerts par an. Plus simplement, il
achète parfois une baguette de pain et se promène sur les
quais de la Saône. « Je m’assois et je laisse aller
mon imagination. Je donne du pain aux canards. Des fois l’inspiration
me vient et je compose dix secondes de plus sur un morceau ; des fois l’inspiration
ne vient pas, mais ce n’est pas grave. » De la même manière,
il lui arrive aussi de passer des heures à regarder les pêcheurs
sur le bord du fleuve, « ceux qui n’ont pas payé la licence
et qui se mettent un peu plus loin.»
Les aficionados du flamenco regretteront notamment de ne pouvoir profiter
de la guitare de Juan Carlos Principal à Toulouse et à Agen,
où il devait se produire les 17 et 18 novembre, aux côtés
de Manuel Gutierrez et Angel Lopez, Sabrina Romero et Cristo Cortes, Chulo
et Cédric Diot. Le guitariste lyonnais devrait retrouver son public
dès que son disque verra le jour.
« Nous pénétrons si mal, si peu avant, dans le for
intérieur d’autrui »,
disait André Gide. Peut-être ce nouveau disque sera-t-il un
moyen de mieux comprendre le flamenco et la réflexion artistique
de Juan Carlos Principal. Ou peut-être pas. Mais finalement peu importe
cette intrusion, pourvu que les productions françaises poursuivent
leur chemin dans la plus pure tradition flamenca.
D. F.
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