Quelques minutes avant le tablao du samedi 18 novembre, qui s’est tenu à Marseille à Los Flamencos , le danseur Manuel Gutierrez Cabello se confie sur son histoire. Originaire de Montpellier et âgé d’à peine 23 ans, il a déjà tout de grand. Pour cet artiste déjà reconnu parmi les plus prometteurs, le flamenco se vit au quotidien. Découverte d’une passion.

Le flamenco selon Manuel

Le flamenco au quotidien...
Le flamenco est une façon de vivre. Tous mes gestes, tous mes amis sont liés au flamenco. Je ne pourrais pas vivre sans le flamenco.
Flamenco puriste, flamenco nuevo en évolution...
Je suis plutôt puriste mais j’adore le nouveau flamenco bien fait et bien fusionné.
Les arttistes avec lesquels il aimerait travailler...
J’aimerais travailler avec Paco de Lucia. Ce serait mon rêve.
Les valeurs de la danse...
Quand je danse, j’essaie de transmettre ce que je ressens. A chaque fois que je monte sur scène, je veux exprimer ce que je ressens et le partager avec le public.
Ses liens avec l’Espagne et le monde flamenco espagnol...
Je m’en sers pour m’inspirer, j’ai beaucoup d’amis artistes là-bas. Je m’inspire beaucoup aussi des spectacles.
Une autre orientation professionnelle...
J’ai déjà pensé à une autre orientation professionnelle mais toujours liée au flamenco. J’aime composer, j’aime la percussion. Et d’ailleurs j’utilise beaucoup les percussions dans mes spectacles. Ma frustration c’est de ne pas chanter !
Avant et après un spectacle…
Avant le spectacle, je ressens beaucoup de stress. Je prie beaucoup. Je suis anxieux. Je me sens vraiment bien sur scène, la scène c’est ma vie. Après le spectacle, je me sens vidé, mais ça me fait vivre, les meilleurs moments de ma vie sont ceux passés sur scène.
Transmission du flamenco...
Mon rêve est d’élever mes enfants dans ce milieu.

Propos recueillis par L. M.

Il s'agit d'un nouveau spectacle...
Oui, c’est la première fois que je vais le jouer. Je vais avoir un grand plaisir à partager ce spectacle avec les artistes qui m’accompagnent : José Cortés, « mon grand frère » est au chant (cante), Juan Cortés el Chulo « mon compère » est à la percussion, Manuel el Boleco à la guitare – j’ai travaillé avec lui quand j’étais plus jeune et on se retrouve là sur la même lignée – et enfin pour les cœurs Emilio Cortés et Antonio Cortés. Ça va être un spectacle frais et jeune. Je regrette que Cristo Cortés ne soit pas là pour m’accompagner au chant, c’est celui qui a fait le plus de choses pour moi dans le milieu du flamenco.
Quels sont vos projets ?
En ce moment, je suis en tournée avec Juan Carmona. En août dernier, j’ai participé à une tournée internationale avec Duquende. C’était mon rêve d’enfant. Je suis allé à la Biennale de flamenco d’Amsterdam avec le groupe Qawwali (groupe de chanteurs iraniens, pakistanais…) : les spectateurs ont fini debout. En plus c'était un public de connaisseurs, avec de nombreux critiques espagnols. Par le passé, je retiens aussi une création avec le groupe Mirani Kevan. Il s’agissait d’une rencontre avec des Iraniens, des Maliens, des Indous. Et en ce moment, je suis aussi en préparation d’un disque avec Chispa Negra, en attendant une tournée internationale avec eux.

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« Je ne ne pourrais pas vivre sans le flamenco »

Comment qualifierez-vous le tablao de ce soir ?
C’est un tablao spécial. Los Flamencos, c’est un lieu que j’aime beaucoup. C’est un cadre familial avec lequel je suis très proche. C’est un lieu où les gens m’ont vu danser depuis que je suis tout petit. C’est très excitant de venir danser ici. J’espérais avant de venir ce soir qu’il y ait le patriarche de la famille Cortés qui tient ce lieu. Et je suis très heureux parce qu’il est là. Je vais donc lui dédier ce spectacle.